Ponte Leccia, capitale de la forêt corse

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Nombreuses sont les forêts communales qui sont à l’abandon faute de moyens, alors que l’on pourrait penser que sous certaines conditions, elles pourraient être une ressource importante pour les communes.

C’est le cas de Pietra di Verde, même si pour l’essentiel de son territoire, la forêt, composée d’espaces boisés, fait partie du domaine privé, domaine qui lui aussi pourrait être mis en valeur. La forêt communale est située dans le massif de Sant Appianu et se trouve en indivision avec celles de trois autres communes périphériques, Chiatra, Campi et Canale. Sa superficie est assez modeste, moins de 10 hectares.  

La gestion des forêts communales, tel a donc été l’objet pour l’essentiel de la réunion qui s’est tenue à Ponte Leccia à l’initiative de l’Association des communes forestières (COFOR) de la Haute Corse, membre de la fédération nationale qui regroupe les collectivités ayant sur leur territoire une forêt publique et plus largement les collectivités intéressées par l’espace forestier et la filière bois.

Le sujet est important. Pour l’ensemble de la Corse, le taux moyen de boisement est de 46%, alors qu’au plan national, il est de 26, 9%. La micro région de Corse la plus boisée est le Renoso Incudine, avec 65, 1 %, la Castagniccia venant en seconde position avec 63, 8 %.  

Seize maires des communes forestières de la Haute Corse étaient présents ou représentés en ce mardi 12 avril à Ponté Leccia. La maire de Pietra, Simone Nicoli, était représentée par Gérard Pancrazi.

 

M.Freddy Orsini président COFOR 2B et son collègue M.Colonna de Corse du sud

La réunion présidée par Freddy Orsini maire de Sant’Andria di Boziu a vu les interventions de Madame Chirat représentant l’Office de Développement Agricole et Rural de la Corse, l’ODARC et de Monsieur le directeur régional de l’Office National des forêts (ONF).

Mme Chirat de l'ODARC

La représentante de L’ODARC, organisme dont la politique forestière est déterminée par la Collectivité Territoriale de Corse (CTC), a exposé que l’Office avait comme objet la mobilisation et la valorisation des ressources et concrètement, « Mettre autour de projets tous les partenaires, techniciens, maires, susceptibles de former une équipe d’accompagnement, qui devra en premier lieu faire une évaluation des ressources en bois de la forêt, sur son aménagement, sur les orientations à donner, l’ODARC venant en accompagnement des projets pour aider les communes à faire ce travail et procéder à une évaluation financière de l’opération. »

Concrètement, le financement des dossiers pour des travaux en forêt ne peut intervenir que sur des espaces publics, et à condition que les communes bénéficient d’un plan d’aménagement de l’ONF en cours de validité.

Sur une question posée par un intervenant, au sujet des forêts privées, Madame Chirat répondait que le Centre Régional de la Propriété Forestière était le mieux à même d’aider les particuliers qui en feraient la demande. L’ODARC « appuyait la gestion des propriétés privés » ce qui toutefois nécessitait préalablement la mise en place d’un plan de gestion.

L’ODARC peut intervenir par des aides, non seulement pour les forêts communales, mais aussi pour aider les petits propriétaires fonciers à se regrouper et à exploiter leurs propres forêts.

M. Paul Hete de l'ONF

Le directeur régional de l’Office National des forêts (ONF) Monsieur Paul Hete, insistait tout particulièrement sur le questionnaire qui avait été adressé aux communes en juillet 2015 et dont très peu d’entre eux avaient été retournés.

Il exposait que le régime forestier était avant tout un régime de régulation et de protection du territoire, qu’il soit productif ou non. Le régime forestier n’est pas synonyme de production de bois, il fait appel à une gestion « durable » des forêts, à un équilibre économique à la protection de la nature et à l’accueil du public, il faut prendre en compte l’ensemble de ces aspects.

L’intervention de ses ouvriers au niveau des forêts communales est insignifiante, ses 30 ouvriers et 4 cadres, n’intervenant que pour 5% de leur temps sur ces dernières, le reste étant pour la Collectivité Territoriale et la lutte contre les incendies.

Il y a certes les coupes de bois qui permettent d’obtenir des profits, mais il doit être tenu compte des routes forestières rétrocédées par l’Etat à la CTC, aujourd’hui souvent impraticables et à la création de pistes et leur entretien particulièrement onéreux.

De plus en plus, l’ONF se cantonne dans un rôle de conseil et de gestionnaire auprès des collectivités, essentiellement « technique, relationnel et fonctionnel ».

Pour les communes, il peut assurer la gestion des forêts dont elles sont propriétaires, en valorisant et en exploitant leurs ressources, par les coupes et les ventes de bois

Les 5 maires du Niolu qui ont animé la réunion à propos de leut piste

Cinq maires du Niolu, propriétaire d’une piste qui traversent le territoire de chacune de leurs communes, devaient monopoliser une grande partie des débats. Ce cas permit de montrer que plus que la création d’une infrastructure, ce sera ensuite son entretien qui posera des difficultés aux communes qui en sont propriétaires, l’ODARC ne souhaitant pas investir dans une piste qui sera impraticable quelques années après avoir été créée.

L’impression donnée est que l’état, depuis 2002 s’est désinvesti et que la Collectivité Territoriale n’a pas encore pris le relais. Quant aux communes, souvent modestes, les pouvoirs dont elles disposent ne trouvent pas en contrepartie les moyens nécessaires.