Déchets ménagers : "Nous allons dans le mur, mais que faire ?"

le . Publié dans Actualités

 

Peu de monde à la convocation du Syvadec 

C’est la réflexion que l’on entendait de toute part ce jeudi matin 29 octobre, lors de la réunion organisée à Corte par le Syvadec, pour informer les adhérents du syndicat sur le coût de l’exportation des déchets sur le continent.

Une dizaine à peine de représentants des collectivités et des établissements publics de la Corse, ont répondu à la convocation. La commune de Pietra était représentée par Gérard Pancrazi. Un désintérêt incompréhensible, alors que la Corse risque de se trouver confrontée, si l’on n’y prend garde, à une situation de submersion à la sicilienne.  

Dès le début de la réunion, le président Xavier Poli prit la parole et ne fit pas mystère de la gravité de la situation.

Il devait décliner son exposé en deux points :

1-Aucun des trois sites d’enfouissement ne veut plus recevoir de déchets qui soient extérieurs aux collectivités dont ils dépendent. De plus, à l’heure qu’il est, il n’a pas été trouvé de commune qui accepte d’ouvrir sur son territoire un quatrième site.

2-L’appel d’offres prévu pour l’exportation des déchets, vient d’être déclaré infructueux. Il n’y a eu qu’une seule offre, le prix est très élevé, et de plus, il n’est pas sûr que ce soit techniquement possible de procéder à ce transport de déchets sur le continent.

Le président Poli, 3e en partant de la droite

Le président Poli ajoutait, que si la solution de l’exportation arrivait à se dénouer, ce serait de toute façon à un prix exorbitant et qu’en terme d’image, pour la Corse, ce serait catastrophique.

A la question de l’un des participants pour savoir ce qu’il adviendrait des déchets, si les choses demeurent en l’état, le président Poli devait répliquer : « Et bien on se les gardera ! ».

L’incinération est alors revenue au centre de la discussion. La plupart des élus présents y sont favorables, de nombreux exemples ont été donnés, à Nice et à Monaco en particulier, la seule hostilité notable a été celle des employés du Syvadec, dont l’un d’entre eux affirmait même que l’enfouissement ne polluait pas.

Mais le mode de traitements des déchets étant de la compétence de l’Assemblée de Corse, on confiait mezzo voce, que ce n’était pas le moment de demander aux élus de changer de stratégie dans un domaine aussi sensible.

La réunion prit fin après moins d’une heure, elle avait débuté avec trois quarts d’heure de retard, commission d’appel d’offres oblige. Pas grand-chose à dire de plus.

Chacun est reparti, amer et résigné, se disant qu’il faudra bien trouver une solution, pour mettre un terme à ce que l’on a appelé la crise des déchets. Wait and see disent nos amis britanniques, pour exhorter à la patience.